Avec le jugement majoritaire, c'est le "consensus mou" qui gagne à tous les coups, non ?

C'est une fausse intuition qui nous est donnée par le scrutin uninominal.

Avec le scrutin uninominal, les candidats se "partagent" l'électorat. Selon le nombre de candidats, il est donc possible de passer au second tour avec seulement 15% ou 20% des suffrages. Les candidats n'ont donc aucune raison de chercher à être soutenus par 50% des électeurs ou plus : la mécanique du scrutin uninominal garantit la "caution" de la "majorité" à celui qui saura se faire préférer à son adversaire au second tour.

Cette "mécanique" du scrutin uninominal encourage les candidats à choisir l'une des deux stratégies suivantes, ou à composer un équilibre entre les deux :

  • adopter une posture clivante, pour capter une frange de l'électorat certes réduite, mais fidèle ;
  • "faire plaisir à tout le monde", pour capter quelques voix, mais un peu partout.

Le "consensus mou", c'est le candidat qui a tout tablé sur la seconde stratégie.

La différence, avec le jugement majoritaire, c'est que la mention majoritaire s'obtient... avec une majorité des électeurs. Un candidat clivant obtiendra peut-être ses 20% de mentions favorables, mais sera certainement rejeté par une très large majorité des électeurs. De la même manière, le candidat du "consensus mou" obtiendra peut-être 20% de mentions favorables de la part de ceux qui se seront laissés séduire, mais la majorité des électeurs qui voient clair dans son jeu auront toutes les raisons de le rejeter massivement également.

Il ne faut pas confondre le "consensus mou" avec le "vrai consensus". Le jugement majoritaire n'incite ni à être clivant, ni à être "faussement" rassembleur, il incite à obtenir la meilleure mention majoritaire possible pour battre les concurrents. Et pour ça, il faut que cette mention soit soutenue par une majorité. Le "vrai consensus" l'emportera donc toujours face au "consensus mou", et ce sera dans tous les cas le meilleur candidat aux yeux de la majorité qui l'emportera.

Une décision collective à lancer ?

c'est parti !